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Logement social : Des annonces inquiétantes

Contribution fédérale des Jeunes Socialistes de Côte-d’Or

Logement social : Des annonces inquiétantes

Le logement, au sein des préoccupations des français.e.s, occupe une place très importante.Face à un marché immobilier dérégulé, la puissance publique a dû intervenir afin de mettre en place des mesures pour à la fois loger les personnes les plus fragiles mais également assurer une plus grande mixité.

Aujourd’hui, le Gouvernement Philippe met gravement en danger la santé du logement social en diminuant, de façon totalement unilatérale, les APL de 60 € par an et par ménage. Rappelons que le logement social a pour but de venir en aide aux foyers les plus en difficulté, aux personnes les plus modestes.

Les logements sociaux permettent de répondre à des besoins urgents tout en garantissant une mixité sociale dans nos quartiers, dans nos villes.

En contrepartie, le Gouvernement propose aux bailleurs des compensations « insuffisantes ». Les entreprises sociales de l’habitat indiquent en effet dans le journal Le Monde que « ce projet se traduirait par une perte de 4 milliards d’euros d’investissement et une menace sur 68.000 emplois directs et indirects ».

Pourtant, cette pénurie de logements dure depuis plus de 70 ans et ce malgré les réformes qui s’accumulent. La politique d’Emmanuel Macron contre les offices HLM ne fera donc rien d’autre qu’aggraver une situation qui est déjà loin d’être sereine.

S’attaquer au financement du logement social, c’est s’attaquer au logement tout court. En effet, depuis la loi SRU et dernièrement la loi ALUR, 30 % des logements construits doivent être des logements sociaux.

Ainsi, si un maillon de la chaîne se paralyse, c’est par conséquent tout le processus de la construction de logement qui se retrouve à l’arrêt.

S’attaquer au financement du logement social, c’est également s’attaquer à la mixité.

Le logement social a en effet pour objectif, à la fois d’assurer un droit à un logement décent aux français.e.s les plus fragiles mais également de garantir une réelle mixité afin de ne pas reproduire les erreurs du passé.

Moins de nouveaux logements revient à continuer à précariser ces citoyens les plus modestes qui, ne pouvant accéder à l’habitat social, continueront à devoir vivre dans des conditions qui ne sont pas acceptables.

Par ailleurs, s’attaquer au financement du logement social, c’est également empêcher les offices HLM d’investir dans la transition énergétique.

Une grande partie du parc de logements date en effet des années 1950, 1960 et 1970. Or, personne ne peut ignorer qu’à l’époque, les préoccupations énergétiques n’étaient absolument pas prioritaires et que ces logements, aujourd’hui, sont devenus de vrai passoires thermiques. De plus, on sait très bien par ailleurs que certains des habitants de ces logements, faute de pouvoir faire face à leurs charges d’électricité ou de gaz, n’ont pas les moyens de pouvoir se chauffer – ce qui, à l’époque où nous vivons, est inadmissible.

Force est par conséquent de constater que la politique menée par le Gouvernement Philippe reviendra à infliger une double peine à des foyers modestes en continuant à les faire perdurer dans cette forme de précarité énergétique. Ainsi, si Emmanuel Macron souhaite réellement baisser les APL des plus modestes afin de faire baisser les loyers, ce dernier n’a pas à s’inquiéter puisque les loyers des logements sociaux sont encadrés par la loi.

En revanche, cette motivation amène une nouvelle fois à s’interroger sur l’opportunité qu’il pourrait y avoir à envisager un véritable encadrement de l’ensemble des loyers dans les zones les plus tendues.