Ce pour quoi nous militerons demain

Être jeune socialiste : un engagement au service d’une transformation radicale de la société

Jeunes socialistes, lycéen·ne·s, étudiant·e·s et jeunes actif·ve·s, savons dès aujourd’hui
ce pour quoi nous militerons demain.

Notre idéal de société est celui d’une République ouverte et humaniste, qui assure l’égalité tout au long de la vie ; celui d’une démocratie participative, à toutes les échelles de la vie des citoyen·ne·s ; celui d’une refondation de notre système de protection sociale et d’une transformation radicale de notre modèle écologique.

Demain, l’égalité pour tout·e·s !

La gauche se doit de défendre celles et ceux qui sont opprimé·e·s et d’agir pour une société ouverte, non discriminante, qui permette à chacun·e de trouver sa place. Cinq ans après l’adoption de la Loi ouvrant le mariage aux couples de même sexe, il reste encore tant à faire pour permettre l’avènement de la société non oppressante et émancipatrice que nous appelons de nos voeux : mesures liées au système éducatif pour éduquer au respect et au vivre-ensemble, changement des mentalités et création de nouvelles protections dans l’univers professionnel.

L’égalité pour tout·e·s, c’est aussi revendiquer le droit aux femmes de vivre dans une société non sexiste et non discriminante. La République doit se donner les moyens de sa promesse d’égalité : nous revendiquons ainsi un ministère plein et entier du droit des femmes avec un budget propre pour mener des campagnes de sensibilisation et aider les structures associatives, la lutte contre les violences faites aux femmes et la création de logements spécialisés pour accompagner les victimes, la suppression de la clause de conscience empêchant l’accès au droit de l’IVG. En effet, lever les tabous sur la vie intime des femmes, mais aussi des jeunes qui construisent à ce moment leur identité sexuelle, doit se faire par des mesures concrètes en direction de ce public : prise en charge par la sécurité sociale des protections hygiéniques et des contraceptifs – mesures égalitaires qui doivent se concrétiser tout au long de la vie, via des congés parentaux égaux entre pères et mères, par une véritable égalité salariale, ou grâce à l’ouverture de la PMA aux couples de même sexe, changement d’état-civil libre et gratuit…, afin que le genre ne soit qu’une question secondaire dans la construction d’un·e individu·, et en aucun cas un frein à son émancipation.

Une société de l’égalité doit également assumer, par fierté et respect envers son Histoire et ses valeurs, sa part dans l’accueil des réfugié·e·s et des victimes d’une mondialisation qui peut s’avérer meurtrière. Les centres d’hébergement devront être multipliés et mieux dotés, les associations mieux accompagnées et les réfugié·e·s qu’elles accompagnent devront être mieux protégé·e·s, notamment par l’octroi de visas de répit pendant toute leur prise en charge associative jusqu’à leur insertion.

Enfin et surtout, la société doit permettre à chacun et chacune, par la formation et l’éducation de s’émanciper, d’être acteur·trice de ses propres choix. A ce titre, aucune orientation subie, sous forme de sélection, ne doit être opérée par le service public de l’éducation comme par celui de l’enseignement supérieur. L’Education Nationale doit, dès les premières années de scolarisation, et accompagnée d’un véritable service public de la petite enfance, adapter son enseignement aux besoins de chaque élève, grâce au développement de dispositifs tels que les classes ULIS ou SEGPA ou les classes à effectifs réduits en REP et REP+, mais surtout par la formation généralisée des instituteur·trice·s et des professeur·e·s au repérage et à une gestion adaptée des particularités de tou·te·s les élèves. Au delà du système scolaire, nous militons pour une démocratisation de l’Enseignement supérieur, notamment permise par un accès libre et gratuit au service public de la formation tout au long de la vie.

Demain, décider partout !

Une gauche émancipatrice doit sortir de la logique des politiques de tutelle, et promouvoir une plus grande participation des citoyen·ne·s dans la prise de décisions, à toutes les échelles.

Socialistes donc internationalistes, nous sommes profondément attachés à la construction européenne. Face à la perte de confiance de nos citoyen·ne·s et le danger populiste europhobe, la gauche doit démontrer que l’alternance au niveau européen est possible. Ce regain de confiance ne passera que par la démocratisation du fonctionnement des institutions européennes. Le Parlement Européen, seul élu au suffrage universel direct, doit devenir le coeur de la prise de décision politique. Critiquée pour son opacité, nous soutenons le développement d’outils et d’infrastructures afin d’expliquer le fonctionnement de l’Europe (programmes scolaires, information sur les financements d’infrastructures, ateliers organisés par les collectivités).

Nous réaffirmons notre profond attachement à la décentralisation comme fondement essentiel du pacte républicain. La France a de nouveau besoin d’un nouveau pacte de décentralisation, laissant aux collectivités et notamment aux régions une autonomie politique, économique, culturelle et d’expérimentation. Redonner des moyens aux collectivités, transformateurs des territoires, d’agir en confiance et en liberté d’actions est une nécessité pour répondre aux besoins de participation citoyenne et aux grands enjeux écologiques, énergétiques, d’emplois et de solidarités.

Au-delà des collectivités locales, la vie en société implique nécessairement l’existence d’un collectif de vie auquel chacun se rattache (entreprise, université, collectivité territoriale, etc.). Ces collectifs déterminent les droits mais aussi les devoirs de ceux qui les composent en mettant en place une régulation collective (protection sociale, redistribution des richesse, etc.). Notre socialisme se détache de la politique des tutelles, défendue par la gauche étatiste et jacobine pour qui les solutions ne passeraient que par plus de verticalité. Nous pensons au contraire qu’elles ne peuvent être que décentralisées, et que l’émancipation des citoyens ne peut être l’oeuvre que des citoyens eux-mêmes.

La crise que traverse la démocratie est une crise de la participation. Nous constatons que le seul monopole de la représentation du peuple éloigne les citoyen·ne·s de la participation politique. En tant que sociaux-démocrates, nous considérons que la transformation sociale de notre pays doit s’appuyer sur la complémentarité entre nos élu·e·s et les corps intermédiaires (syndicats, associations, mutuelles, etc.). Tout en reconnaissant l’importance de ces collectifs comme lieux d’émancipation politique pour chaque citoyen·ne, nous devons plus encore porter l’idée d’une démocratie permanente et participative à tous les niveaux de la société. C’est pourquoi nous devons favoriser les dispositifs de prise de décisions citoyennes (ateliers législatifs, budgets participatifs…) et partir des initiatives citoyennes et militantes localisées. Le socialisme, demain, devra s’inspirer des travaux de la deuxième gauche sur l’autogestion et relever les défis d’une plus grande participation, pour aller vers une co-décision entre tous les acteur·trice·s dans les entreprises, universités, lycées, services publics, quartiers et de manière globale dans tous les collectifs de vie.

Ainsi, car elle est le quotidien de tout·e salarié·e, nous devons encourager la démocratisation de l’entreprise par le renforcement du pouvoir de décision des salarié·e·s dans les orientations. Face à la mondialisation de notre économie et le poids des multinationales et groupes financiers, seule la démocratie d’entreprise permettra l’émancipation au travail en permettant aux salarié·e·s de peser sur les orientations de ce projet commun. L’émancipation au travail passera également par plus d’égalité et le partage, par la mise en place d’un écart de revenus maximum au sein de l’entreprise.

Enfin, afin d’assurer que la prise de décision collective, à chaque échelle de la vie politique et professionnelle de l’individu·e, soit effective, il est du devoir de nos décideur·euse·s de rendre compte des mesures qu’il·elle·s mettent en oeuvre au nom du suffrage universel. Au nom du principe de l’éthique dans l’exercice du pouvoir, nos élu·e·s et nos dirigeant·e·s se doivent d’informer sur les résultats de leurs choix politiques et économiques et d’expliquer des textes législatifs souvent complexes, pour que le fait politique soit à la portée de chacun·e.

Demain, une République sociale et écologique !

Une société de l’égalité et de la justice sociale ne peut s’accomplir que si la République garantit un cadre protecteur et régulateur.

La France est un pays fortement marqué par les déterminismes sociaux. Davantage que dans d’autres pays, les inégalités sociales-économiques et culturelles sont souvent dépendantes du milieu d’origine. Si notre pays dispose d’un fort système redistributif, les mutations de notre société et l’apparition de situations nouvelles nous impose une réforme de notre modèle social pour le rendre plus protecteur. Alors que la pauvreté touche deux fois plus les 18-24 ans que les 25-65 ans, la gauche doit défendre la mise en place d’un revenu de base, ouvert aux moins de 25 ans, inconditionnel, dégressif en fonction du revenu et versé automatiquement afin que personne ne soit laissé à l’écart.

En outre, être jeune socialiste, c’est avoir conscience que l’accomplissement du progrès humain passe par le respect de notre environnement ; c’est penser un monde où l’épanouissement de tou·te·s passe avant l’enrichissement personnel. La social-écologie est notre but : la transition écologique en est la voie.

Nous devons renforcer notre arsenal juridique aujourd’hui insuffisant afin de protéger l’environnement du pouvoir grandissant des multinationales, par l’inscription dans notre Constitution de la protection de nos biens communs. En effet, si la liberté d’entreprendre et le droit de propriété font partie de nos droits fondamentaux, les enjeux environnementaux sont essentiels aujourd’hui. Les biens communs, mis à mal par un libéralisme qui favorise l’individualisme, sont pourtant essentiels, sans nier les individus : au contraire, peut-on s’en passer pour faire société ? Il faut aujourd’hui poser démocratiquement des limites à la puissance privée et à la quête insatiable de profit, afin qu’elle se déploie dans le respect de l’intérêt général.

La République sociale ne serait qu’un concept si elle n’était pas, également, fer de lance en matière d’agriculture et d’alimentation. Sur ce sujet, les enjeux sont nombreux : reconnecter les citoyen·ne·s à la terre et à la prise de décision alimentaire, notamment dans leurs collectifs de vie (cantines, restaurants d’entreprise et universitaires) ; réformer en profondeur les modes de rémunération des agriculteur·trice·s par un encadrement des prix en grande distribution et une PAC qualitative prenant en compte les différents types d’agriculture ; soutenir l’agriculture paysanne et respectueuse de la terre comme des humains ; sortir les biens alimentaires des grands accords internationaux.

Agir, maintenant, en Jeunes Socialistes !