Le Plan d’action national

“C’est un joli nom camarade”

(Jean Ferrat)

Le congrès du MJS doit être l’occasion de s’interroger sur l’utilité de l’organisation dans la société et dans son rapport à la gauche au pouvoir.

Alors même que nous inscrivons résolument notre action au sein de l’organisation, car nous croyons qu’elle est la plus à même de porter les aspirations des jeunes au sein de la famille socialiste, nous disions pourtant depuis longtemps l’urgence de questionner certaines habitudes prises, parfois depuis notre création, qui ne permettent pas au MJS d’être aussi audible et mobilisateur qu’il le devrait dans une période importante pour la gauche.

Nos pratiques sont trop souvent obsolètes à l’heure de la révolution numérique. Le centralisme de l’organisation est inadapté aux aspirations des jeunes de notre génération. Notre procédure de congrès, bien que stimulante, est longue, lourde en moyens financiers et humaines mobilisés, et parfois hermétique, y compris pour les militants les plus rompus aux enjeux d’appareil. Globalement, le travail n’est pas suffisamment engagé de manière collaborative, à tous les niveaux.

Par ailleurs, alors que les jeunes se désintéressent des organisations politiques, il est de notre devoir de nous montrer innovants pour être à la pointe du renouvellement des personnes, des idées et des pratiques en politique. A cet égard, les pratiques de nos aînés ne sauraient nous servir d’exemple !

Mais la véritable adhésion à notre mouvement ne peut se faire sans complémentarité avec la famille socialiste dans son ensemble. Chaque occasion doit être saisie pour interpeller nos aînés et leur faire part de notre vision. En tant que jeune garde du socialisme, nous devons faire vivre le débat de manière constante et dans le respect de chacun. Notre rôle n’est pas de suivre le PS aveuglément, mais bien de créer plus d’aspérités avec lui afin de nous confronter sur le plan des idées et de la méthode. C’est par cette voie que nous affirmerons réellement notre autonomie : autonomie de pensée, et de fonctionnement.

Nous devons aussi mener un travail d’ouverture vis-à-vis d’autres acteurs associatifs tels que les syndicats, les associations, mais aussi les citoyens. Actuellement, les collaborations et les dialogues avec d’autres formations restent timides, trop peu nombreuses pour engager un travail de longue haleine sur des projets ambitieux.  En tant que jeunes socialistes, nous devons être à l’initiative d’un vrai échange avec ces organisations.

Si nous devons rénover nos pratiques tournées vers les autres organisations, nous devons aussi rénover celles exercées au sein de notre mouvement. Cette rénovation doit s’articuler autour de trois points principaux : être transparents, remettre les adhérents au cœur de notre organisation, et redonner une place centrale à nos fédérations.

I.) Les adhérents au cœur d’un mouvement démocratique et local

1.) Le MJS un outil au service des fédérations

  • Remettre l’équipe nationale du MJS au service des fédérations et des Animateurs fédéraux

Les permanents doivent apporter un soutien continu aux fédérations, en terme de communication visuelle, de rédaction et diffusion des communiqués de presse, etc. afin de faciliter et soutenir leur activité.

  • Créer une plate-forme d’échange entre les fédérations

Elle sera un lieu d’échange entre les Animateur Fédéraux, qui pourront y partager les tracts qu’ils ont conçu, leurs communiqués, mais aussi leurs expériences

  • Développer une véritable boîte à outils pour les Animateurs fédéraux

Ce kit doit être un ensemble de ressources, complet, qui leur permette d’avoir tous les éléments pour exercer au mieux leur mandat, et faire avancer leurs fédérations.

  • Associer les fédérations pour une vraie anticipation des élections

Les élections ne doivent pas être préparées 2 mois avant l’échéance. Le MJS lancera un vrai programme d’élaboration de propositions, de formation d’éventuels candidats, et ce dans une réelle complémentarité avec le travail local des fédérations.

  • Développer un réseau international pour les fédérations

Les jumelages internationaux des fédérations devront être facilités et encouragés, en particulier grâce à l’action du SN à l’international.

  • Proposer un annuaire national de formateurs

Afin de permettre aux fédérations de proposer des formations efficaces et utiles, des formateurs compétents et disponibles doivent pouvoir intervenir dans toute la France.

  • Lancer des observatoires des territoires

Que ce soient les territoires gérés par la droite, la gauche ou le FN, ces observatoires doivent être des lieux d’échange entre les responsables locaux, sur les politiques menées et les manières de les combattre ou les valoriser.

2.) Redonner leur place aux adhérents

  • Créer un livret d’accueil pour les nouveaux adhérents

Il sera un support efficace pour expliquer le fonctionnement de nos instances, notre histoire, nos positionnements, tout en permettant à chacun de découvrir l’ensemble des sensibilités.

  • Lancer des consultations

Les adhérents doivent être consultés régulièrement (par internet par exemple ou via des applications mobiles) sur des sujets importants de notre organisation, que ce soit sur son fonctionnement ou son positionnement. Les adhérents doivent retrouver leur place au coeur de l’organisation, ils doivent reprendre un pouvoir de décision, ou rendre a minima des avis consultatifs. Les adhérents doivent pouvoir également intervenir, ou même amender, les textes proposés par l’organisation directement via internet.

  • Instituer un droit d’initiative militante

Une fois recueillies les signatures d’un certain nombre d’adhérents et de fédérations, un débat sera lancé en Conseil national, ou soumis à la consultation des militants.

  • Lancer un observatoire de l’égalité au sein du mouvement

Les informations données au moment de l’adhésion, ainsi qu’un travail avec les animateurs fédéraux, doivent nous permettre d’étudier la composition de notre organisation, et son lien avec la jeunesse que nous sommes censés représenter.

  • Lancer des réflexions / groupes de travail sur l’ouverture de l’organisation

Nous devons lancer une réflexion sur les moyens à mettre en place pour ouvrir notre organisation à certains jeunes que nous ne touchons pas aujourd’hui, ou pas suffisamment (filières professionnelles et technologiques, jeunes actifs, personnes en situation de handicap, etc.)

  • Développer un réseau d’entraide

Un réel réseau d’entraide sera développé pour tous les militants qui connaissent des difficultés, qu’elles soient d’ordre financier ou familial, par exemple. Notre organisation ne doit pas être uniquement militante ou politique mais également une organisation de solidarités car nous avons cet esprit qui correspond à celui de l’éducation populaire. Beaucoup d’associations aident aujourd’hui les jeunes – SOS Amitiés, Le Refuge, etc. – et notre mouvement, à tous les niveaux, doit se rapprocher de ces structures.

3) Une organisation transparente et éthique

  • Mettre enfin en place la transparence financière

Un point sur les finances du MJS doit être fait à chaque Conseil national. La commission financière doit pouvoir avoir accès à un budget détaillé et précis de l’ensemble des dépenses et recettes. Mieux, ses membres participeront à l’élaboration d’un budget prévisionnel.

Un fonctionnement transparent du permanentât

  • Ouvrir les postes de permanents à candidatures

Les salariés de l’organisation ne doivent pas être que des cadres d’un groupe politique, mais choisis sur leurs compétences.

  • Des permanents non membres du BN

Hormis le/la président-e et le/la secrétaire général-e, les permanents ne doivent pas être membres du Bureau national. Ils ne peuvent être à la fois salariés et employeurs. Dans le même esprit, le trésorier de l’organisation ne peut en être un permanent.

  • Une équipe de permanents aux missions clarifiées

La liste des permanents doit être connue de tous les Animateurs fédéraux, et l’activité de chacun doit faire l’objet d’un compte rendu annuel en BN.

Rénover la Commission Nationale d’Arbitrage

La présidence de la CNA doit être attribuée, de manière tournante, à un représentant d’une sensibilité minoritaire, afin d’en assurer la transparence. De plus, son fonctionnement global doit être revu pour refaire de cette instance un vrai organe démocratique, qui doit respecter sa mission de gestion de conflits et ne pas être un bureau politique.

Rénover du Bureau National des Adhésions

Les BNA ont aujourd’hui un mode de fonctionnement archaïque. Les règles qui le régissent ne doivent plus résulter d’une sombre “tradition” mais doivent être écrites et validées par tous. Afin d’en garantir la transparence, sa composition doit être revue pour laisser une plus grande place à l’ensemble des sensibilités. Afin de clarifier son rôle et son fonctionnement, un “code du BNA” sera rédigé, et approuvé à l’unanimité en Conseil national. Le BNA n’étant pas un organe politique, mais de surveillance, sa composition doit être paritaire entre l’ensemble des sensibilités, et sa présidence confiée à un représentant minoritaire.

II) Pour un MJS utile et démocratique : repenser nos instances

1) Réformer notre procédure de congrès : plus rapide, plus claire, plus démocratique

  • Supprimer la phase du Texte d’Orientation unique

La phase du texte d’orientation unique est obsolète, elle impose l’idée d’une majorité en la présentant comme l’idée du Mouvement. Mettre un terme au TO permettra de simplifier la procédure du congrès, laissant plus de place aux débats.

  • Instaurer l’élection directe de l’Animateur fédéral

L’élection directe de l’Animateur fédéral par les camarades, et non plus par le Collecif Fédéral, permettra une meilleure identification du rôle de celui-ci, tant dans la représentation que dans l’exécution des tâches.

  • Allonger le temps de rédaction des motions, et proposer un outil participatif

Par la suppression de la phase du texte d’orientation, plus de temps sera permis à la phase de rédaction des motions, qui devra d’ailleurs intégrer un outil participatif et ainsi permettre à chaque militant de participer à cette phase.

2) “Nos régions ont du talent” : une rénovation nécessaire des CCR

  • Déconnecter les Comités de coordination régionaux des enjeux de sensibilités en retirant aux coordinateurs la signature des contributions.

Les coordinateurs régionaux ne seront plus signataires des contributions déposées par les sensibilités lors des conseils nationaux. Ils seront ainsi confortés sur leur rôle : l’animation régionale au service des territoires. Les coordinateurs continueront à participer aux Conseils nationaux avec droit de vote.

  • Faire élire directement le coordinateur régional

L’élection directe du coordinateur régional lui conférera une légitimité importante, et permettra une réelle confrontation de projets, de visions, et non plus un simple jeu d’équilibres fédéraux.

  • Constituer autour des coordinateurs régionaux des équipes CCR pour couvrir le territoire des nouvelles régions

Les coordinateurs régionaux devront constituer une équipe à partir des délégués des fédérations au comité de coordination régionale. Avec un CCR par région, il s’agira alors de mieux travailler en infra-territorial.

  • Laisser une autonomie de gestion des CCR

Une fois libérés des enjeux de sensibilités, ce sera aux CCR de définir, en fonction des spécificités de leurs territoires, leur mode de fonctionnement (budget, équipes par anciennes régions, bureau des AF, etc.)

  • Renforcer et rénover le rôle des CCR

Les CCR devront reprendre un réel rôle de formation des militants, et de mise en réseau des fédérations. Les CCR doivent également intervenir en soutien des fédérations en difficulté, et œuvrer pour relancer le MJS dans des territoires inactifs.

3) Ouvrir et repenser les Conseils nationaux

  • Ouvrir certains Conseils nationaux aux camarades des fédérations pour associer tous les militants à nos débats internes

Les Conseils nationaux ouverts à tous les militants se réuniraient dans un format différent, par exemple en convention nationale dans le cadre d’une campagne du Mouvement ou dans le cadre d’un camp d’été en région.

  • Rédiger des comptes rendus, envoyés à tous les adhérents, à l’issue de chaque Conseil national pour le rendre moins lointain et plus visible

Les comptes rendus résumeront les débats, préciseront le calendrier des campagnes et feront état des votes du Conseil national. Chaque sensibilité aura droit à un espace d’expression dans ce compte-rendu.

  • Valoriser les débats thématiques lors des CN

Après un bilan de l’action du MJS et à l’issue d’un débat des contributions, le Conseil national débattrait d’une thématique proposée par une sensibilité en diversifiant les cadres de discussion (ateliers, table-ronde autour d’un intervenant issu de la société civile…).

  • Créer un rôle de Conseiller national

Afin d’améliorer la représentation de toutes les sensibilités de l’organisation, des postes de Conseillers nationaux seront créés, et répartis à la proportionnelle. Ils remplaceront les CNA Suppléants, qui n’ont aujourd’hui aucun rôle de suppléance, mais ne permettent que de faire monter davantage de camarades. Autant assumer, et supprimer ce statut inutile.

  • Consacrer le premier Conseil national du mandat à la formation

Les AF, Secrétaire généraux, Trésoriers fédéraux et Coordinateurs régionaux doivent être conviés au premier CN, afin de leur permettre d’accéder à une formation complète, et de participer à des temps d’échange sur leurs missions.

4) Dynamiser les pôles thématiques pour les rendre utiles

  • Réunir les pôles thématiques avec les Animateurs fédéraux lors des Conseils nationaux

Chaque Secrétariat national se verrait accorder une réunion à au moins un CN de l’année afin d’évoquer les différents travaux en cours et les projets au sein de son pôle thématique.

  • Demander aux Secrétaires nationaux de présenter leur bilan au conseil national

Il faut que chaque pôle thématique ait une activité beaucoup plus régulière. Une fois par an en Conseil national, les secrétariats auront à expliquer leur bilan, afin de permettre une meilleure homogénéité des dynamismes de chaque pôle.

  • Favoriser la participation de militants des fédérations aux travaux des pôles thématiques

Les militants pourront s’inscrire dans les différents pôles à l’aide d’un outil simple et facile d’accès et être informés régulièrement du travail animé par le Secrétaire national en charge du pôle.