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Pénibilité au travail, un projet de justice sociale

Contribution fédérale des Jeunes Socialistes de Haute-Vienne

Pénibilité au travail, un projet de justice sociale

L’une des premières décisions du gouvernement d’Edouard Philippe fut l’annonce dès le mois de mai d’un moratoire de six mois sur le compte pénibilité. Cette suspension n’était qu’un prémice du rabot social que confirmeront quelques mois plus tard la loi d’habilitation et les ordonnances réformant le code du travail.

Ce recul sur l’une des avancées sociales majeures du précédent quinquennat, est une illustration du projet de régression sociale que porte ce gouvernement. Il annonçait la suppression d’un dispositif d’équité sociale qui permettait la prise en compte de la pénibilité au travail en garantissant à des travailleurs exposés à des métiers pénibles de partir plus tôt à la retraite.

Le gouvernement a fait le choix de réformer ce modèle jusqu’à éluder le terme même de pénibilité dans le nouveau dispositif contenu dans les ordonnances, sobrement intitulé « compte professionnel de prévention ». Cette nouvelle version inspirée des revendications du MEDEF, très hostile au compte pénibilité, ampute les droits des salariés de quatre critères, manutention de charges lourdes, postures, vibrations mécaniques et risques chimiques. Ce qui limite le nombre de bénéficiaires potentiels. Il modifie également son mode de financement en faisant porter l’effort sur les comptes de la sécurité sociale et en allégeant les entreprises des cotisations spécifiques.

Nous nous opposons à cette mesure de régression dans la droite ligne du projet de société que défend ce gouvernement, au service d’une élite et au détriment des classes populaires. Le libéralisme sans solidarité et sans progrès social n’est que le creuset des inégalités et de l’iniquité.

Nous avons cependant la conviction qu’il ne peut y avoir d’opposition efficace sans proposition. Dans cette phase de refondation de notre famille politique, nous devons collectivement redéfinir un nouveau modèle de développement viable et durable qui intègre des réflexions sur notre rapport aux parcours professionnels.

Les mutations profondes du travail liées aux nouvelles formes d’activités, au morcellement des carrières, ou à la robotisation, implique un accompagnement et des protections nouvelles pour les travailleurs. Le travail demeure aujourd’hui un vecteur d’intégration et d’émancipation dans notre société. Tout en réfutant les théories liées à sa raréfaction ou sa disparition, nous devons porter un projet d’équité et de justice.

La pénibilité au travail constitue l’une des principales injustices sociales dans notre pays. Elle impacte directement la santé et l’espérance de vie des salariés confrontés à des critères à risque. Selon l’INSEE l’espérance de vie d’un salarié exposé peut être amputée de sept ans. Seule une véritable prise en compte de cette problématique garantira une gestion équitable de ces impacts.

Conscients de la complexité et des difficultés de mise en œuvre du précédent format du compte pénibilité, nous devrons porter un nouveau modèle approfondissant les mesures du précédant quinquennat et ouvrant de nouveaux droits.

L’une des principales critiques à l’encontre du précédent dispositif était la charge administrative qui reposait principalement sur les salariés. Il parait primordial que l’ensemble des démarches reviennent à l’Etat et aux organismes de retraites. Ils seront chargés de prendre en compte des critères de pénibilité au travail dans le parcours professionnel de chaque salarié pour le calcul de ses droits à la retraite. Aux critères initialement prévus par le compte pénibilité (travail de nuit, travail répétitif, travail en horaires alternants, travail en milieu hyperbare, bruit, température extrêmes, manutention de charges lourdes, postures pénibles, vibrations mécaniques, risques chimiques) devra être ajouté l’exposition aux nouveaux troubles liés au travail comme les risques psychosociaux (stress, risque de burn-out, harcèlement moral ou sexuel, violence externes ou internes à l’entreprise).

Afin de porter un projet de société basé sur l’émancipation nous revendiquons une réforme majeure de notre système de retraite. Une véritable prise en compte de la pénibilité au travail sera l’une des conquêtes d’un projet plus large de redéfinition de notre rapport au travail.