Plan d’action national

Plan d’action national présenté par Agir en jeunes socialistes et ERAMSE pour le XIIIe Congrès du Mouvement des Jeunes Socialistes

Cours, camarade, le soleil est devant toi !

Ce congrès du Mouvement des Jeunes socialistes est surement l’un des plus important que notre organisation aura connu. Il doit être un moment d’échanges entre les différentes sensibilités de l’organisation, ainsi qu’entre les différentes fédérations et ses militants sur l’avenir commun que nous voulons pour ce mouvement.

La question urgente que nous devons nous poser et résoudre est la suivante : quelle devenir pour notre organisation de jeunesses dans la famille socialiste ?

Dans cette période difficile pour notre famille politique et suite à une succession de défaites électorales, il est plus que jamais essentiel d’être ambitieux pour la gauche de demain. Alors que nous avons beaucoup perdu la confiance de nos concitoyens, il est important de se réinterroger sur nos pratiques militantes, qui aujourd’hui sont dépassées par le phénomène en Marche. Alors que le monde bouge, que les habitudes et les pratiques changent, nous sommes peut-être resté trop fermés sur nos anciennes méthodes, qui fonctionnaient à une époque, mais qui aujourd’hui trouvent leurs limites. Preuve en est avec le nombre d’adhérent qui composent notre organisation. En effet, un mouvement de jeunesse structuré comme nous à l’échelle nationale, ne peut se satisfaire de ce contingent.

Ce congrès est donc l’occasion de réfléchir sur l’organisation de demain, en se demandant comment les jeunes peuvent être plus intéressés par notre organisation, mal aimée mais pourtant très utile. Malgré son image parfois négative, le MJS est un outil important pour la formation des jeunes militants, pour l’éducation populaire et un cercle de camaraderie. Ce mouvement doit également être un espace de réflexion et d’écriture, c’est un point cardinal pour la crédibilité de notre mouvement.

Malgré ces atouts, le MJS est de moins en moins audible, et de moins en moins utilisé par les jeunes de gauche, car ayant des pratiques parfois obsolètes.

C’est aussi le moment de se rappeler que nous ne sommes pas seuls. Nous avons en France un tissu associatif, syndical et politique fort. Même si les prismes changent, nous devons nous ouvrir à eux. En tant que jeunes socialistes, nous devons être à l’initiative d’un vrai échange avec ces organisations en visant un objectif commun: donner un nouveau souffle à la gauche. Sans cette réflexion de fond, nous ne pourrons pas affronter correctement les enjeux de demain: celle d’une opposition résolue, forte et exigeante, qui ne se confond pas avec une gauche de contestation stérile.

I. Les territoires au coeur du MJS de demain

Notre mouvement est aujourd’hui fort de ses fédérations. C’est elles qui font vivre le mouvement dans les territoires. Il est important de les mettre au coeur de l’action de notre mouvement.

A. Nos mesures pour favoriser la dynamique territoriale

1. Le rôle déterminant des fédérations

Le MJS ne peut plus reposer sur son organisation centralisée. Nous devons aujourd’hui repenser le rôle et la capacité des fédérations. Les fédérations doivent pouvoir vivre pleinement et travailler ensemble pour le bien de notre mouvement.

a. Vers plus l’autonomie et la capacité d’initiative

Les fédérations sont au plus près des différents territoires. Par cette proximité elles sont le plus à même de proposer à leurs militant.e.s des actions adaptées à la situation locale. Afin de mener ces actions de la meilleure façon possible les fédérations doivent disposer d’une autonomie avec le PS local, tout en préservant un lien de partenariat transparent et complémentaire. D’autre part la pluralité des territoires doit nous amener vers une plus grande capacité d’initiative des fédérations vis à vis du MJS nationale.

b. Vers un changement de nos fonctionnements

Le fonctionnement actuel étant beaucoup trop descendant, nos campagnes paraissent déconnectées des situations locales et donc inaudibles pour les jeunes que nous rencontrons. Nous aspirons donc à davantage de consultation. Nous voulons que la création de campagnes puisse être collaborative et ces campagnes modulables. Les fédérations doivent répondre à des enjeux divers issus de leur tissu local. Pour remplir ce rôle, les fédérations ont besoin de réaliser leurs propres tracts ou alors d’adapter un tract national au débat local. Il faut donc leur donner plus de liberté d’adaptation et de création des tracts. Il est également nécessaire de former les animateurs fédéraux à la confection de tracts.

c. Vers le partage entre les fédérations…

Trop souvent les fédérations sont déconnectées les unes des autres. Pour autant nous savons que c’est par le partage et la rencontre que l’énergie militante se stimule.

Notre organisation doit donc développer des outils pour faciliter la transmission d’outils entre les territoires. Cela passe par des échanges de thématiques de réunions, d’invités, d’élaboration de documents de campagne, d’actions, d’événements ou tout autre initiatives. Nous proposons ainsi de développer une plateforme inter-fédérations pour répondre à cette attente militante.

Plus largement, notre organisation se doit de développer des temps d’éducation-populaires avec des événements collectifs. Toutes celles et ceux qui ont connus une université d’été de La Rochelle, un camp d’été européen ou internationale ou un événement de campagne nationale sait combien ces moments forgent notre militantisme. En alliant politique et convivialité, ils nous apportent l’envie de faire ensemble et concrétise notre force collective, celle d’une organisation de jeunesses engagées.

d. Vers une conférence des territoires…

Notre mouvement porte en lui l’ADN de la décentralisation. Il se doit donc d’être exemplaire et doit donc appliquer cette décentralisation dans son fonctionnement interne. Nous ne pouvons revendiquer le renforcement de la décentralisation dans nos institutions sans l’accomplir pleinement en notre sein.

Nous avons la conviction que la refondation de notre mouvement sera issue des territoires et de leur émanation, représentée par les fédérations. Leur expression doit ainsi être garantie dans les instances nationales afin de transmettre directement la parole des militants.

Nous revendiquons ainsi la création d’une conférence des territoires constituée par le collège des animateurs fédéraux et des coordinateurs régionaux qui garantira l’équilibre démocratique du mouvement avec le bureau national. Cette instance pourra se saisir des questions liées à la décentralisation du mouvement, à son animation territoriale, à son modèle de fonctionnement, à l’autonomie des fédérations…

Sur ces sujets elle pourra émettre un vote invalidant une décision du bureau national et présenter des propositions qui lui seront soumises.

e. Vers une organisation utile aux responsables fédéraux…

Prendre des responsabilités dans une fédération n’est pas un acte anodin. Il amène à des responsabilités qui doivent faire l’objet d’un accompagnement.
Pour cela nous proposons d’instaurer des temps de formation en début de mandature à destination des nouveaux animateurs fédéraux, secrétaires généraux, trésoriers, responsable communication … Pour formaliser cet accompagnement nous créerons avec les représentants des fédérations un kit avec tous les outils adaptés que nous pourrons actualiser et enrichir en cours de mandat.

2. L’efficacité des Comités de Coordination Régionaux (CCR)

Le CCR est un outil essentiel pour permettre le lien et les échanges entre fédérations et militants d’une même région. Nous devons aujourd’hui travailler à sa rénovation pour qu’il ne soit plus un outil de pouvoir.

a. Un constat d’échec mais une volonté optimiste

Le CCR devait servir à coordonner les actions des fédérations entre elles en matière de formations et d’actions communes.

Il devait également envisager la tenue d’événements inter-fédéraux afin de permettre aux militants de se rencontrer, de se former en groupe, d’échanger et de mutualiser les moyens et les savoirs. Dans les faits cela est plus compliqué et repose très souvent sur la volonté de quelques personnes. Nous sommes contraints de constater que ce comité ne remplit pas son rôle alors qu’il devrait être un élément centrale dans les dynamiques fédérales et inter-fédérales. Devant ce constat d’échec, nous proposons de le repenser afin qu’il soit efficace.

b. Donner du sens à l’espace régional

Il faut simplifier ces comités afin de les rendre plus efficaces. Nous proposons de réduire à un Coordinateur Régional et aux animateurs fédéraux ces comités régionaux. Nous proposons également d’avoir un responsable national qui aurait pour rôle de vérifier la réunion régulière et le bon fonctionnement de ces comités. Les outils numériques devraient également être privilégiés afin que des réunions puissent se réunir plus facilement et afin de fluidifier les informations.

c. Sortir des logiques de sensibilités politiques

Pour permettre de vrais échanges entre les militants d’une même région, les coordinateurs régionaux ne pourront plus signer de texte de sensibilité et siégeront au conseil national sans pouvoir de vote. Trop fréquemment, nous constatons que la vocation des CCR est mise à mal par des enjeux de courants internes. Cette situation n’est pas acceptable et la coordination régionale doit ré-endosser son rôle de formation militante.

B. Une organisation tournée vers la reconstruction d’une gauche forte et audible

Notre famille politique a subi une défaite historique et se retrouve maintenant dans l’opposition mais comme le disait Rocard « l’opposition ne peut pas être juste une cure de gauchisme ». Notre mouvement doit donc s’impliquer dans la reconstruction de la gauche en s’impliquant dans la refondation de notre partenaire naturel.

II. Un Mouvement plus démocratique, où chacun peut trouver sa place

Nous sommes d’accord sur un constat, de nombreux militants ne se sentent plus écoutés au sein du Mouvement des Jeunes Socialistes, pour de nombreux militants notre organisation semble déconnectée et lointaine.

A. Le rôle de la Commission Nationale d’Arbitrage (CNA)

1. Pour une instance indépendante et vivante

Nous proposons de confier la présidence de cette instance de manière co-animée et tournante à des sensibilités différentes. Animée par cette co-présidence la commission adoptera un fonctionnement propre pour être au service des militants.

Ainsi, la CNA sera un organe au service de nos militants, qui pourront la solliciter en toute transparence pour que celle-ci puisse statuer en toute autonomie, en neutralité et avec un détachement des différentes sensibilités.

D’autre part, afin d’assurer le maintien de la séance de la commission, si absence de titulaire, nous proposons que tous suppléant.es présent.es puissent participer à la commission afin que le quorum soit atteint. Cela permettra à la CNA de pouvoir assurer une continuité dans le traitement des dossiers et ainsi de montrer son importance.

2. Un rôle préventif et de lutte contre les discriminations

La CNA doit pouvoir permettre à notre organisation de travailler et de toujours perfectionner son fonctionnement.. Aussi, elle restera à la disposition des territoires pour apporter des conseils et des médiations en cas de difficultés qui pourraient nuire au bon fonctionnement des fédérations.

Au delà des questions statutaires, cette instance pourra être saisi en cas de tout comportement discriminant à l’égard d’un militant ou d’une militante dans sa fédération ou lors d’un événement nationale.

Le champ de compétence de la CNA sera élargi. Ces compétences seront précisées dans les statuts du MJS. Elle sera notamment compétente en matière de harcèlement, qu’il soit moral ou sexuel.

3. Une instance utile à la rénovation du mouvement

La CNA devra être vigilante quant au fonctionnement du MJS et apporter des réponses aux problématiques que notre mouvement pourra rencontrer. Nous devons être en perpétuelle remise en question afin de rénover notre mouvement, nos pratiques et nos cadres d’intervention. Elle devra aussi être attentive quant à la réalisation des objectifs que nous nous sommes collectivement donnés, elle pourra suivre l’évolution d’une décision jusqu’à sa concrétisation et pourra l’évaluer afin de mettre en exergue ce qu’elle a pu apporter ou non dans la rénovation du mouvement.

B. Le rôle des permanents de notre mouvement

Nous devons renforcer la transparence et la diversité de l’équipe salariée de notre organisation. Cela passe par une un appel à candidature plus équitable que nous pourrions ouvrir à l’ensemble des adhérents, pour chaque ouverture de poste. L’équipe des permanents doit être au service de tous les jeunes socialistes et non pas d’une sensibilité. C’est pourquoi nous sommes favorables à ce que cette équipe soit composée de membres issus de différentes sensibilités. Parallèlement les permanents ne pourrons plus voter dans les instances de décision ni avoir de responsabilités locales ou nationales pour le mouvement. Hormis la présidence et le secrétariat général les permanents ne seront donc plus membre du bureau national mais y assisteront à titre informatif.

C. Le mouvement des militant.e.s

Nous devons renforcer et valoriser l’initiative militante. Nous sommes favorables à la décentralisation et à l’ouverture des conseils nationaux au plus grand nombre.
Ainsi, nos instances pourront valoriser la force des territoires et ne se concentreront plus uniquement sur les enjeux de sensibilités.

Rendre nos instances plus accessibles c’est aussi favoriser la communication sur ses travaux par le biais de retransmissions en direct mais aussi par l’envoi de compte rendu à l’ensemble des militants.

Enfin, nous donnerons la possibilité aux militant.e.s de suggérer des thématiques à débattre en bureau national et/ou en conseil national.

Une démocratie plus horizontale au sein de notre mouvement est un enjeu majeur.

D. Une organisation paritaire et féministe

Socialistes donc féministes, nous devons être exemplaires en la matière. C’est pourquoi nous devons au sein de nos instances fédérales comme nationales tendre vers la parité. Nous devons travailler collectivement pour atteindre cet idéal.

Nous devons également mettre des cadres collectifs pour lutter contre les comportements sexistes au sein de notre organisation. Ces cadres permettront de libérer la parole des femmes au sein de notre organisation.

Ces cadres sont : la mise en place de référents personnes de confiance nationales et fédérales, la mise en place de formation pour ces personnes référentes, la mise en place de supports de formation papier pour l’ensemble des militants de notre mouvement, un baromètre de l’organisation, etc.

Ces mesures devront faire l’objet d’un suivi et d’une restitution lors des instances nationales.

III. Une organisation au travail avec la gauche de demain

Notre mouvement est fort de ses militant.e.s et des compétences de chacun.e. Le Mouvement des Jeunes Socialistes doit être un véritable incubateur d’idées pour la gauche et pour notre famille politique.

A. L’engagement de réflexions sur la société de demain

Nous devons relancer une culture du texte et de l’écrit politique. Pour cela, nous avons besoin de secrétaires nationaux thématiques, force de propositions, réactifs à l’actualité. Cette équipe nationale doit avoir l’objectif de redonner au mouvement sa place dans les réflexions de gauche et renforcer nos productions afin de faire valoir nos idées.

B. Une organisation travaillant avec l’ensemble de la gauche

1. Le Parti socialiste et ses élu.e.s comme premier interlocuteur

Notre mouvement doit s’inscrire pleinement dans la rénovation de la famille socialiste et donc du Parti Socialiste. Fiers de cette appartenance et ne cherchant pas à s’orienter vers des démarches individuelles nous saisirons toutes les occasions pour interpeller nos aînés et leur faire part de notre vision.

En tant que jeune garde du socialisme, nous devons faire vivre le débat de manière constante et dans le respect de chacun.e. Dans la période, notre rôle est cruciale et nous devons être à la hauteur car nous sommes le Parti Socialiste de demain. Nous devons y confronter nos idées, nos méthodes mais toujours avec pour boussole le rassemblement.

2. La création d’un réseau de jeunes élu.e.s jeunes socialistes

Nombre de nos militant.e.s sont élu.e.s dans leur ville, canton ou région. Nous nous devons de mettre en avant leurs expériences et leurs savoirs. Il est important que tous les militants puissent échanger avec les jeunes socialistes élu.e.s afin de créer un partage de connaissance. Cet engagement doit aussi se concrétiser par une plus grande association entre le MJS et le PS au sein de la FNESR.

3. La nécessité d’une position claire sur la double adhésion

Nous devons valoriser l’engagement associatif et syndicale et nous proposerons un système incitatif pour faciliter l’adhésion à une telle organisation. L’expérience associative permettra de renforcer les bases de notre mouvement. Avoir un regard de terrain permet de renforcer notre domaine d’expertise et d’avoir accès à une formation complémentaire. Cela permet également de nous faire connaître et d’apprendre à travailler avec d’autres organisation/association extérieur.

Néanmoins, travailler en collaboration avec d’autres organisation ne doit en aucun cas autoriser un cumul entre la qualité d’adhérent au MJS et à un autre Parti politique ou apparenté que le Parti Socialiste.

4. Notre travail avec les autres organisations de jeunesse politique ou associatives

Nous le constatons depuis trop longtemps… Notre organisation n’a pas su, ne sais pas représenter et répondre aux aspirations de toutes la jeunesses de France. A trop se regarder, à trop se diviser, notre organisation oubli la diversité de nos territoires et la force de celle-ci. Nous devons mener un travail d’ouverture vis-à-vis des acteurs associatifs, des syndicats, mais aussi plus largement de l’ensemble des citoyens. Notre mouvement doit gagner en représentativité. Non il n’existe pas de profil idéal pour être jeunes socialistes. A nous de nous donner les moyens d’aller à la rencontre de certains jeunes que nous ne touchons pas aujourd’hui, ou pas suffisamment (filières professionnelles et technologiques, jeunes actifs…).

Conclusion

Un nouveau congrès des Jeunes Socialistes s’ouvre à nous !

Il ne se passe pas à n’importe qu’elle moment et il doit être l’occasion de s’interroger sur l’utilité de notre organisation. Dans un contexte inédit ou notre famille politique est face à ses responsabilités, ce congrès engage également et surement pour la première fois notre devenir.

Depuis toujours, nous inscrivons résolument notre action au sein de l’organisation. Nous assumons notre singularité tant sur la forme que sur le fond et nous en sommes fiers. Nous croyons que notre organisation est la plus à même de porter les aspirations des jeunes au sein de la famille socialiste, de la gauche et nous sommes attachés à ce mouvement.

C’est pourquoi, depuis longtemps nous disons l’impératif de questionner certaines habitudes prises, parfois depuis notre création, qui ne permettent pas au MJS d’être aussi audible et mobilisateur qu’il le devrait.

Nous souhaitons nous adresser à toi, militant.e qui aspire comme nous à un devenir meilleur pour notre organisation.

Ce congrès doit être ton moment, celui pendant lequel nous irons à ta rencontre dans ta fédération pour porter nos idées et échanger avec toi.

Tu seras amené.e à t’exprimer sur l’orientation que tu veux donner au mouvement des Jeunes Socialistes, mais sache que nous sommes prêts et déterminés à rénover notre organisation dans la collégialité et dans la valorisation de l’engagement de toutes et tous ! Alors maintenant à toi de décider Cher.e Camarade, nous te souhaitons un congrès épanouissant et porteur d’espoir pour l’avenir de notre mouvement !